Pourquoi nous compressons l’info sans le savoir

On envoie 'Ok' ou un pouce levé dans une discussion, sans développer. L’autre comprend, ou croit comprendre. Tout le monde gagne du temps, parfois au prix d’un doute.

Basé sur recherche scientifique (Abraham Lempel & Jacob Ziv, IEEE Transactions on Information Theory (, David Crystal, 'Txtng: The Gr8 Db8' (Oxford University Press, Claude Shannon, 'A Mathematical Theory of Communication' (Bell Labs)

Dans la vie courante, nos échanges sont remplis de raccourcis. Un '👍' glissé dans un groupe, une abréviation dans un texto, un silence qui en dit long. Chacun utilise ces formes courtes sans y penser, persuadé que le message passera. Ce phénomène ne se limite pas à l’informatique ou aux ingénieurs. Il traduit la tendance humaine à aller vite, à s’appuyer sur ce que l’autre sait déjà. Pourtant, cette compression ordinaire échappe souvent à la perception. On croit réduire du temps ou de l’espace, mais on s’appuie aussi sur un contexte invisible, partagé ou supposé. Cela explique pourquoi certains messages passent comme une évidence, alors que d’autres génèrent des malentendus inattendus. Ce que l’on gagne en efficacité, on l’échange parfois contre un risque d’ambiguïté.

Repérer et raccourcir les motifs

La compression fonctionne en repérant des motifs répétitifs. L’algorithme de Lempel et Ziv (1977), par exemple, remplace chaque séquence déjà vue par une référence plus courte. Dans la vie, on fait pareil : au lieu de répéter une information évidente, on la suggère ou on la réduit. Dire 'rdv 18h' suffit, car chacun connaît le contexte. Le principe est simple : toute donnée attendue, connue ou répétée se voit résumée pour gagner du temps ou de la place. On mise sur la mémoire, la culture ou les habitudes du destinataire.

Approfondir

Claude Shannon, en 1948, a montré que l’on peut mesurer la quantité minimale d’information nécessaire pour être compris. Plus le contexte partagé est riche, plus il est possible de réduire le message sans perdre le sens.

Ce que l’on croit / Ce qui arrive

On imagine la compression comme une affaire de fichiers ou d’ordinateurs. Mais David Crystal a observé que les textos, par leurs abréviations et omissions, sont un terrain permanent de compression humaine. La différence : la machine applique des règles fixes, nous, on improvise selon ce que l’on pense que l’autre devinera.

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→ Quand le contexte devient flou

→ Entre gain et perte d’information

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